

La survenue d’une tendinite♦ou d’une desmite♦ (voir définitions dans le lexique) soulève toujours de nombreuses interrogations.
Pourquoi, comment est-ce arrivé ? Quelles sont les chances de guérison ? Comment y parvenir, le mieux possible, le plus efficacement possible ?
Pour mieux comprendre les capacités de régénération tendineuse et les approches thérapeutiques appropriées, il est nécessaire de bien connaître les fonctions du tendon, son architecture, sa composition et ses propriétés mécaniques.
Les fonctions du tendon
Le tendon, cordon fibreux, blanc nacré, est le moyen d’union entre le muscle et l’os. Le tendon ne se contracte pas, il ne produit pas de mouvement par lui-même. Il permet au muscle, qui lui se contracte, de transférer les forces mécaniques à l’os, produisant ainsi un mouvement articulaire. Tendon et muscle forment ainsi une unité à part entière.
Le tendon a également des propriétés visco-élastiques importantes qui lui permettent de moduler l’action musculaire et d’emmagasiner une certaine énergie pour la restituer ensuite lors du mouvement.
Richement innervé, peu vascularisé, il est peu exigeant en oxygène (sa consommation d’oxygène est 7 à 8 fois plus faible que celle du muscle).
Ces caractéristiques rendent les tendons capables de supporter du poids et de résister à des tensions pendant de longues périodes mais cela rend la cicatrisation tendineuse lente.

Le muscle fléchisseur superficiel du doigt (perforé) possède un tendon long (d’après Barone - Anatomie comparée)
Architecture et composition du tendon
Le tendon est formé d’un assemblage de faisceaux tendineux longitudinaux. Chaque faisceau est essentiellement constitué de groupe volumineux de fibres tendineuses fortes et parallèles.

Visualisation des faisceaux de fibres tendineuses en 3D en coupe transversale (d’après Leblond G. et coll.)
Une fibre se compose de nombreuses fibrilles de collagène♦ enrobées dans une enveloppe commune. Entre les fibres s’alignent de petites cellules tendineuses, longues et plates, les tenocytes♦ .
Les cellules et les fibres baignent dans un gel visqueux, à forte teneur en eau, la substance fondamentale.
La molécule de collagène est l’unité fondamentale du tendon. Le collagène représente environ 30% de la masse totale du tendon. Il existe près de 20 types de collagène dans l’organisme. Le type de collagène prédominant dans le tendon adulte normal est le type I (95%). C’est ce type de collagène qui confère au tendon sa solidité et lui permet de fonctionner sous des contraintes mécaniques importantes. Il existe aussi dans le tendon adulte sain une faible proportion de collagène de type III, de diamètre inférieur à celui de type I. C’est ce type de collagène que l’on va trouver au début de la cicatrisation lors de tendinite.
Organisation des tendons(d’après Barone)
A gauche : coupe longitudinale de tendon : fibres collagènes parallèles légèrement onduleuses, entre lesquelles les fibrocytes (étroits, à noyau très allongé) présentent une disposition linéaire
A droite : coupe transversale de tendon : travées primaires, secondaires, et tertiaires délimitant les faisceaux tendineux de divers ordres.
Propriétés mécaniques du tendon
Le tendon est plus résistant que le muscle. Les fibres de collagène seraient plus résistante que les fibres d’acier de même calibre.
Au cours de l’exercice le tendon est soumis à des forces de tension et de compression qui peuvent représenter plusieurs fois le poids corporel.
Il existe une adaptation du tissu tendineux aux contraintes mécaniques. L’entraînement physique adapté induit un ensemble de modifications permettant de le rendre plus résistant.
Si l’on soumet un tendon à un étirement progressif, il va passer par 4 phases successives.
Le tendon a d’abord une aspect ondulé (phase 1) puis il devient linéaire (phase 2 = 3% de déformation). Ensuite apparaissent des ruptures partielles (phase 3= 12% de déformation) et finalement se produit la rupture complète (phase 4= 16% de déformation).

Les 4 états du collagène en fonction du pourcentage de déformation (modifié d’après Butler et coll. 1978)
Lexique du tendon
Tendon :
Bande de tissu conjonctif reliant un muscle à un os. Il permet de transmettre à l’os le mouvement engendré par le muscle. Constitué en grande partie de fibres de collagène disposées parallèlement.
Tendinite :
Rupture partielle ou complète des fibres d’un tendon.
Ligament :
Bande constituée de tissu conjonctif fibreux et élastique. Son rôle est de relier deux pièces osseuses d’une articulation. Le ligament ne doit pas être confondu avec le tendon.
Desmite :
Rupture partielle ou complète des fibres d’un ligament.
Desmite d’insertion :
Lésion située à l’une des attaches osseuses d’un ligament.
Enthèse :
Zone d’insertion d’un tendon ou d’un ligament sur un os.
Enthèsopathie :
Affection des insertions.
Tissu conjonctif :
Tissu de connexion constituant la majorité de la masse du corps (2/3 du volume total).
Il assure plusieurs fonctions :
- mécaniques : de soutien, de cohésion des cellules d’un organe
- de nutrition, d’échange , de défense
Composé de fibres, de cellules et de substance fondamentale.
Collagène :
Protéine de consistance fibreuse. Fabriquée par l’organisme à l’intérieur de certaines cellules spécialisées. Les fibres de collagène ont une organisation adaptée. Un maximum de résistance est assuré par le parallélisme des fibres qui sont serrées les unes contre les autres.
Fibroblastes :
Cellules allongées fusiformes. Le rôle le plus important des fibroblastes est de réparer les lésions dues à un traumatisme. Ils sont responsable de la formation des fibres de collagène.
Ténocytes :
Cellules tendineuses allongées, de type fibroblaste, étirées entre les fibres de collagène du tendon.
Fibrinolyse :
Dissolution de la fibrine qui se dépose par coagulation spontanée du sang.